Quelle place pour l’intelligence artificielle dans la gestion de l’hôpital ?

Le développement de l’IA (Intelligence Artificielle) dans les hôpitaux est un enjeu majeur des prochaines années. En France, une étude poussée a été menée pour mieux en connaître sa pénétration actuelle dans les différentes strates des institutions de santé et publié dans un “Baromètre de maturité de l’IA dans les CHU “. Et en Belgique ? Réactions de Thierry Vermerren ( Patient Numérique), Paul d’Otreppe (ABDH) , François Roucoux ( CHU Charleroi) et Pierre-Jean Verheyden (Chirec)
Ce baromètre montre que les trois principaux bénéfices de l’IA attendus par les répondants sont de libérer plus de temps pour les tâches à valeur ajoutée, augmenter la rapidité et la fiabilité de la prise de décision et réduire les risques d’erreur. L’IA pourra être utile pour la recherche, le pilotage des activités (codage, visualisation de données), le parcours patient, la performance des processus administratifs et logistiques ainsi que la prédiction des risques sanitaires.
81% des répondants (Directeurs généraux et présidents des commissions médicales d’établissement des CHU de France) considèrent que l’IA est un sujet très important pour les hôpitaux et 76% l’inscrivent comme une priorité stratégique dans leur établissement, 76% des répondants identifient l’IA comme étant une priorité stratégique.
Commencer par les directions
Pour les répondants, le meilleur moyen de déployer l’IA et l’innovation dans l’hôpital est de l’implémenter au sein de la direction de la stratégie (28,6%), d’une direction dédiée (19%) ou de la direction de la recherche (19%). Sa présence dans l’hôpital amènera à repenser l’organisation du travail et la répartition des tâches entre humains et IA (76%).
Les données accessibles
Pour que l’IA puisse développer sa pleine mesure, il faut disposer d’un volume de données suffisant et de qualité. Actuellement, ces données sont souvent dispersées sur divers systèmes (systèmes d’information hospitaliers, dossier médical partagé, logiciels métiers spécifiques aux spécialités médicales), et soulèvent parfois des problèmes d’interopérabilité.
Quelques inquiétudes
Certaines répondants restent toutefois conscients (62%) que le principal risque de l’IA est la déshumanisation du travail et la perte des liens sociaux. Ils craignent aussi l’utilisation systématique et aveugle de l’IA, l’absence de modèle économique ainsi que le risque de non-respect du Règlement Général sur la Protection des Données (RGPD), des droits des patients et de l’encadrement éthique.
Mise en perspective
A la lecture de ces résultats, on pourrait croire que l’IA va investir rapidement les hôpitaux. Thierry Vermerren, le fondateur de la communauté Patient numérique, rappelle que « pour l’intelligence artificielle, on a l’impression que tout est fait et que tout fonctionne ! En réalité, on a très peu de recul et peu de produit finalisé. On n’est pas encore dans des projets industriels qui vont vraiment bien. En outre, l’intelligence artificielle ne va pas remplacer l’être humain…on devrait plutôt évoqué l’intelligence augmentée. On donne à l’être humain des capacités supplémentaires. »
Pour lui, il est important de rappeler que « c’est un processus qui va prendre longtemps. »
Et en Belgique, on balbutie
Pour Paul d’Otreppe, président de l’association belge des directeurs d’hôpitaux (ABDH), actuellement « on a déjà testé un système de correction de facturation dans certains hôpitaux belges. Pour optimaliser la gestion et corriger la distraction, l’algorithme est utilisé comme un pense-bête. On peut aussi l’avoir en finance, à la gestion et au management. Pour les directeurs d’hôpitaux, cela doit encore rentrer dans les moeurs… »
De son côté, le Dr François Roucoux, directeur du département d’informatique médicale au CHU de Charleroi, perçoit comment l’IA arrive dans les hôpitaux : « Elle arrive par petites touches par les fournisseurs avec la logistique (optimisation de route et de flux) à travers des aspects de supports (chatbot), mais peu avec un point de départ hospitalier. »
Le volet financier
Pour lui, l’aspect financier de l’intérêt pour l’IA n’est jamais loin : « On peut l’utiliser pour des patients fragiles et on peut limiter les pénalités financières pour l’hôpital si le patient revient trop vite après sa sortie. C’est à la fois médical et économique pour l’hôpital ! »
Il évoque un autre exemple entre l’administratif et le médical avec la téléconsultation : « Dans le futur, un chatbot aidera le patient à vérifier que sa connexion est bonne. »
Pour Thierry Vermeeren, « l’émergence des chabot est une forme de début d’intelligence artificielle. Cela pourrait se faire aussi dans les pharmacies hospitalières qui seront de plus en plus robotisées. Cela permet d’automatiser les substitutions et des pourcentages de générique…. »
En tout cas, pour le Dr Pierre-Jean Verheyden, CMIO du Chirec, « il ne fait pas de doute que l’informatisation de l’hôpital va se poursuivre dans les prochains mois et années. Nous sommes toutefois tenus de nous conformer aux différents critères BMUC (Belgian Meaningful Use Criteria). Normalement de nouveaux critères vont être confirmés pour 2021. »
Manque d’expertise
Les acteurs se rendent compte qu’ils ne pourront pas résoudre tous les problèmes dans leur coin : 90,5% des répondants au ”Baromètre de maturité de l’IA dans les CHU” sont favorables à ce qu’une communauté d’experts transverse aux hôpitaux soit créée autour de l’IA. Pour eux, le frein majeur au développement de l’IA est l’absence de compétences et d’expertises spécialisés dans ce domaine (67%), suivi par la perception complexe du développement d’un projet IA (57%).
Start IA
Un manque d’expertise qui semble avoir été entendu ici aussi avec Start IA, un projet piloté par Digital Wallonia4.ia, qui consiste à soutenir et accélérer le processus de transformation numérique des entreprises et des hôpitaux wallons, afin de les encourager à intégrer des technologies d’intelligence Artificielle ( IA).
Si l’entreprise ou l’hôpital est sélectionnée, un Expert IA sera proposé et assigné pour accompagner l’hôpital dans sa réflexion IA pendant 3 à 4 jours (ou minimum 32h de services prestés). Cet accompagnement comprendra des réunions (sur site ou en distanciel), mais aussi du travail de préparation, d’analyse et de reporting par l’Expert IA. Cet accompagnement sera étalé sur une période de maximum 3 mois. L’appel à candidatures se clôture le 30 septembre.
> Plus d’infos sur l’appel à candidatures Start IA
> Découvrir le Baromètre de maturité de l’IA dans les CHU
Dossier Pharmacie Hospitalière:
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Ceci est une communication des laboratoires MSD.
Ce numéro a été réalisé grâce au support de MSD. Son contenu reflète l’opinion des auteurs mais pas nécessairement celle de MSD.