COVID-19 et risque cardiovasculaire

April 28, 2020

Les patients à haut risque cardiovasculaire constituent une part importante des malades chroniques suivis par les médecins traitants dans notre pays. En quoi la COVID-19 influence-t-elle les choses pour ces patients ? Nous avons interrogé à ce sujet le professeur Philippe van de Borne (ULB), cardiologue à l’hôpital Erasme.

Interview du Prof. Van de Borne

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(auteur: Dominique Léotard, Tempo Médical-Medisquare)

Quels conseils donner aux patients à haut risque cardiovasculaire durant cette pandémie ?

Pr. van de Borne : Les patients à haut risque cardiovascualire (CV) semblent être plus à risque de présenter des symptômes sévères de COVID-19 et de devoir être hospitalisés s’ils sont infectés. Mais il ne faut pas oublier que le facteur de risque principal, c’est l’âge, un facteur de risque partagé avec les maladies CV. Par conséquent, il convient d’éviter au maximum la contamination de ces patients, surtout s’ils sont âgés de plus de 65 ans, en adoptant les gestes de base : isolement, distanciation sociale et protection physique.
Mais surtout, il faut continuer à rester attentif à ces patients, continuer à les traiter, ne pas passer à côté d’un diagnostic d’événement CV, etc… ! Il semble en effet qu’il y ait moins d’admissions en urgence cardiologique que d’habitude, que les patients soient plus hésitants à appeler un médecin ou le SAMU, qu’ils meurent peut-être d’un infarctus chez eux… Il faut éviter d’avoir une autre vague de mortalité imputée à un manque de soins des patients cardiaques ou à haut risque CV.

CV= cardiovasculaire

Y a-t-il des symptômes communs à la maladie cardiovasculaire et l’infection virale ?

Pr. van de Borne Les symptômes classiques de COVID sont en premier lieu ceux d’un syndrome grippal, avec atteinte des voies respiratoires supérieures, fièvre puis une dyspnée secondaire à une insuffisance respiratoire. Mais le tableau clinique présenté par les COVID-19 positifs peut être très varié : parfois des symptômes digestifs, parfois cutanés, de la confusion, et dans certains cas des atteintes cardiaques. Quand les taux de troponine augmentent, c’est généralement dans un contexte de souffrance multi-organique, qui est alors de mauvais pronostic.

Existe-t-il des interactions spécifiques entre les traitements cardiovasculaires et l’hydroxychloroquine ?

Pr. van de Borne L’hydroxychloroquine, utilisée depuis longtemps contre le paludisme, est plutôt bien tolérée et sûre pour la population générale. Chez le patient cardiaque, plus fragile et soumis à divers traitements médicamenteux, il faut être plus prudent. Un risque d’allongement de l’intervalle QT est décrit avec l’hydroxychloroquine, et il faut évidemment éviter des torsades de pointe chez ces patients. On sera donc particulièrement prudents en cas de co-médication avec une série de molécules telles que l’amiodarone ou le sotalol par exemple, ou encore certains antidépresseurs, antibiotiques, antifongiques ou antihistaminiques, etc… Rappelons aussi que l’hydroxychloroquine n’a pas encore fait preuve de son efficacité, elle fait l’objet d’études cliniques en cours, et son utilisation est, dans tous les cas, soumise à un suivi cardiologique rigoureux.

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Ceci est une communication des laboratoires MSD. Ce numéro a été réalisé grâce au support de MSD. Son contenu reflète l’opinion des auteurs mais pas nécessairement celle de MSD. Pour de plus amples informations concernant les produits cités dans ces articles, veuillez consulter la notice scientifique du fabricant.

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